Phytosociologie synusiale

La phytosociologie synusiale intégrée est née dans les années quatre-vingt à partir des travaux de trois chercheurs en phytosociologie : Bruno de Foucault, François Gillet et Philippe Julve.

La phytosociologie synusiale intégrée est née dans les années quatre-vingt à partir des travaux de trois chercheurs en phytosociologie : Bruno de Foucault, François Gillet et Philippe Julve.

Elle puise ses racines dans les concepts développés au début du siècle par Lippmaa, Braun-Blanquet, Gams, Du Rietz, Tüxen, Raunkiær... mais se développe sous une forme renouvelée par l'introduction de l'intégration paysagère, des concepts systémiques et structuralistes, l'apport de méthodologies précisées (analyse dynamique, architecturale, écologique... ).

Cette théorie est enseignée de manière détaillée à l'Université de Neuchâtel (Suisse) et fait l'objet d'informations plus ponctuelles dans différents cursus (Université de Lille II, Université catholique de Lille, University of East London... ). Elle est aussi présentée annuellement, dans plusieurs stages de formation en France et en Suisse.

Concepts de base

L'un des concepts centraux de la phytosociologie synusiale repose sur la définition des synusies végétales. Les synusies sont des communautés biologiques très homogènes du point de vue de leur structure (dynamique, formelle et architecturale) et de leur écologie. Elles regroupent des organismes de différentes espèces qui partagent à un moment donné un habitat assez homogène vis-à-vis de leurs modes d'occupation de l'espace et d'utilisation des ressources.

Une transposition de l'étude synusiale aux communautés animales a été effectuée en prenant en compte des stratégies de nutrition (équivalente aux types biologiques des végétaux), en prenant l'exemple des synusies de mammifères de l'Est africain (Julve 1997). Le parallélisme concorde idéalement, en remplaçant les facteurs affectant la biomasse végétale par les méthodes d'acquisition de nourriture, corrélées à la nature de celle-ci (herbivores, frugivores-granivores, carnivores, insectivores-planctonivores, omnivores). Des bases croisées classes phytosociologiques - animaux sont disponibles en ligne [1], pour tous les groupes de vertébrés et les mollusques marins et d'eau douce. Ces bases complètent celles apportées pour les plantes à fleurs, les mousses et les algues marines.

Code CATMINAT

CATMINAT ("Catalogue des Milieux Naturels") [2] est un programme permanent se fixant pour objectif la description des milieux naturels de la France métropolitaine et de ses marges, dans une optique phytosociologique synusiale et hiérarchisée. Le programme se compose de trois éléments :

1) Un catalogue descriptif des unités phytosociologiques. Ce catalogue comprend une clef de détermination des 16 grands types de milieux écologiques et une clef de détermination des classes phytosociologiques.

2) Une base de données floristiques (baseflor) répertoriant plus de 6000 taxons de la flore vasculaire française, indiquant leur valeur caractéristique phytosociologique, d'éventuelles valeur différentielles, leur appartenance à un élément chorologique, leur type biologique, le type de formation végétale, l'habitat optimal (sous forme d'une phrase explicative en termes écologiques), mais également la couleur des fleurs, le mode de dissémination, de pollinisation, le type d'inflorescence, la période de floraison... et la classification complète en intégrant les données de l'APG II (2003), mais aussi les valeurs écologiques d'Ellenberg (1992), établies pour l'Allemagne. Ces valeurs seront peu à peu généralisées, harmonisées et transformées pour tenir compte de la situation française. baseflor est complétée par basebryo (écologie des bryophytes d'Europe) et basealg (écologie des macroalgues marines de France).

NB : Une liaison de Catminat avec les autres systèmes de classification européens (Corine, Directive Habitats, Eur15, Paléarctique, Eunis, "Prodrome"... ) est possible mais n'a été qu'en partie effectuée avec le code officiel Natura 2000 (voir baseveg).

3) Une base de données végétation (baseveg) comprenant les synonymes, de toutes les unités phytosociologiques (des classes aux associations) se rencontrant en France accompagnées de leur code catminat hiérarchisé. (plus de 4000 noms sont ainsi répertoriés dans le fichier "baseveg" des végétations composées de plantes supérieures). Les unités de végétation (syntaxons) sont décrit par des autorités dont le nom figure après le nom du groupement proprement dit. Une bibliographie générale (bibass) répertorie tous les travaux de description originale des unités phytosociologiques. Une chorologie départementale des unités phytosociologiques est proposée dans le fichier "synchorologie". Les végétations bryophytiques et macroalgales marines sont traitées dans basebryo et basealg.

Les classes CATMINAT

Comme l'indique l'article Phytosociologie synusiale, La typologie CATMINAT (CATalogue des MIlieux NAturels) «est un programme permanent se fixant pour objectif la description des milieux naturels de la France métropolitaine et de ses marges, dans une optique phytosociologique synusiale et hiérarchisée». Elle définit 16 clefs de détermination primaires qui se déclinent en une ou plusieurs clefs secondaires[3].

Premières clefs de détermination

01/ : Eaux marines océaniques et littorales à végétation aquatique principalement algale.

02/ : Littoral maritime à végétation aérienne, supportant le sel, quelquefois épisodiquement submergée.

03/ : Eaux continentales à sublittorales, douces à saumâtres, en nappes libres et affleurantes, des lacs, étangs, mares, fleuves et rivières, d'origines naturelles ou créés par l'homme.

04/ : Zones humides plus ou moins amphibies, des bords de lacs, d'étangs, de rivières, sources et dépressions diverses, à végétation herbacée basse plus ou moins éparse, ne recouvrant pas complètement le sol.

05/ : Zones humides, quelquefois amphibies, des bords de lacs, étangs, fleuves, rivières, torrents, sources, dépressions diverses, à végétation herbacée haute (roselières, cariçaies, mégaphorbiaies), recouvrant le plus souvent totalement le sol.
(voir aussi le 06/ "Tourbières" pour les tremblants de colonisation des bords de lacs tourbeux) .

06/ : Tourbières hautes, tourbières basses et tremblants, prairies tourbeuses.
(voir aussi le 05/3.2.1 pour les cariçaies aquatiques, les cladiaies et roselières des sols tourbeux à pH neutre et les 14/4 et 14/5 pour les landes à chaméphytes) .

07/ : Parois plus ou moins verticales des murs et rochers non marins ; éboulis.

08/ : Dalles rocheuses horizontales et sables plus ou moins stabilisés, zones à sols très superficiels le plus souvent de faible niveau trophique et supportant la sécheresse.

09/ : Pelouses, steppes et ourlets développés sur des sols riches en calcium, secs, assez superficiels et le plus souvent pauvres en azote.

10/ : Pelouses, ourlets et herbes vivaces des coupes forestières sur sols acides.

11/ : Pelouses permanentes des étages alpin à subalpin.

12/ : Prairies eurosibériennes des sols moyennement riches à riches en azote, subissant des pratiques agricoles variées (fertilisation, amendement, fauche, pâturage, jachère, semis... ).

13/ : Cultures, friches, coupes forestières à sols perturbés, lieux plus ou moins rudéralisés, et zones naturelles de caractères écologiques semblables (pieds de falaises, ourlets dunaires... ). L'enrichissement trophique est lié aux animaux, aux actions de l'homme, à la fixation symbiotique d'azote, ou à la minéralisation active dans le sol consécutive aux éclaircies ainsi qu'aux remontées de nappe d'eau.

14/ : Landes et garrigues à plantes vivaces ligneuses (sous-arbrisseaux chaméphytiques de quelques décimètres de hauteur).

15/ : Haies arbustives, halliers, fruticées, maquis, matorrals, buissons, pré-manteaux et manteaux externes et de coupes forestières (lisières arbustives), fréquemment linéaires mais quelquefois en nappes spatiales, ou plus ou moins éclatés, formées d'arbustes et d'arbrisseaux.

16/ : Végétations arborescentes et herbacées intraforestières, des forêts, bois et bosquets arborescents.

Bibliographie

Une bibliographie complète réalisée par Philippe JULVE est disponible sur le site de Tela Botanica

Notes et références

  1. Les codes CATMINAT sont téléchargeables à partir du site Internet de Tela Botanica : codes CATMINAT
  2. Pour de plus amples informations sur CATMINAT consulter le site Internet de l'auteur, Phlippe JULVE
  3. Les détails concernant ces classes sont disponibles dans les catalogues au format ZIP Baseflor et Baseveg

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